FORUM DE BIENFAISANCE EN MILIEU RURAL
**** FOBMIR ****


CRISE DE 2002 DANS LE DEPARTEMENT DE ZOUKOUGBEU
La crise de 2002 ne s'est pas limitée à une simple scission géographique entre loyalistes et rebelles ; elle a ouvert la voie à un désordre foncier dont le département de Zoukougbeu porte encore les stigmates. Le point d'orgue de cette période fut l'infiltration systématique de la forêt classée du Haut-Sassandra par des populations allogènes et étrangères, attirées par la fertilité des terres et l'absence de contrôle forestier.
Ce sanctuaire de biodiversité a été le théâtre d'une mutation spatiale brutale. Sous l'impulsion de cette main-d'œuvre étrangère, la forêt a cédé la place à une agriculture de rente anarchique (binôme café-cacao, hévéa et anacarde), menée au mépris des lois de conservation. Ces occupations illégales ont généré des conflits de voisinage et des déplacements de populations, fragilisant durablement le tissu social.
Aujourd'hui, malgré le retour au calme institutionnel impulsé par l'Accord de Ouagadougou, la question du déguerpissement des occupants irréguliers et de la réhabilitation de la forêt du Haut-Sassandra reste une cicatrice ouverte dans l'histoire de Zoukougbeu.
CRISE DE 2011 DANS LE DEPARTEMENT DE ZOUKOUGBEU
La crise postélectorale de 2010-2011 représente l’un des chapitres les plus sombres de l’histoire contemporaine ivoirienne, plongeant le pays dans un chaos sécuritaire et humanitaire sans précédent. Ce conflit, né de la contestation des résultats du second tour de la présidentielle de 2010, a transformé le département de Zoukougbeu en un théâtre de tensions communautaires et politiques exacerbées.
Sur le terrain, la déflagration de violence a engendré un bilan tragique : au-delà des 3 248 victimes recensées au niveau national, Zoukougbeu a payé un lourd tribut en vies humaines, marqué par des exactions qui ont forcé des milliers de familles à l'exode. Le tissu socio-économique a été littéralement démantelé par la destruction systématique des habitations et le pillage des infrastructures de base, plongeant une population déjà vulnérable dans un dénuement extrême.
Aujourd'hui, bien que la stabilité institutionnelle soit restaurée, le département demeure en phase de convalescence. La reconstruction physique s'accompagne d'un défi immatériel majeur : la guérison des traumatismes profonds et la consolidation d'une cohésion sociale durable à travers des processus de réconciliation locale.
CAMPAGNE DE SENSIBILISATION PENDANT ET APRES LA CRISE DE 2011
Au lendemain de la crise postélectorale de 2010, le département de Zoukougbeu a été durement éprouvé par une vague de violences (exactions, spoliations et destructions matérielles) ayant causé plus de 17 pertes en vies humaines.
Face à ce traumatisme, l’ONG FOBMIR, accompagnée des cadres et ressortissants de la région, a initié une mission de solidarité du 13 au 17 juillet 2011. Cette tournée dans les huit ex-chefs-lieux de communes a permis de porter un message de réconciliation aux populations meurtries et de procéder à l’identification formelle des victimes de guerre. L'intégralité de cet engagement pour la paix et la cohésion sociale est retracée dans un film documentaire (CD de sensibilisation).
RECENSEMENT DES VICTIMES DE LA CRISE POSTÉLECTORALE 2011 A DE ZOUKOUGBEU
Au-delà d'une simple démarche administrative, la volonté déterminée de l’ONG FOBMIR de recenser les victimes de guerre à Zoukougbeu constitue un acte de reconnaissance et de restauration de la dignité humaine. En identifiant avec rigueur chaque personne affectée (voir fiches de recensement), l'ONG brise l'isolement des victimes locales et garantit qu'aucune d'entre elles ne soit oubliée par la mémoire nationale.
Cet engagement du FOBMIR a un impact décisif : il transforme des chiffres abstraits en réalités concrètes, permettant aux sinistrés de la région de s'insérer dans le processus global d'indemnisation de la CONARIV, qui a dénombré 158 238 victimes au plan national. En agissant comme un levier de justice sociale, l'ONG facilite l'accès aux réparations financières et morales orchestrées par le PNCS.
Grâce à cette identification de proximité, le FOBMIR assure que les efforts de l'État à l'instar des indemnisations d'un million de FCFA versées aux ayants droit atteignent réellement les populations meurtries du département, posant ainsi les bases indispensables d'une réconciliation authentique et d'une paix durable à Zoukougbeu.