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LA MUSIQUE NYABWA

La musique nyabwa est un univers sonore profondément enraciné dans les traditions sociales, spirituelles et esthétiques du peuple Nyabwa. Elle ne se limite pas à l’expression artistique : elle est un langage rituel, un outil de cohésion communautaire et un vecteur de mémoire collective qui occupe une place centrale dans la vie quotidienne et les traditions..Elle inclut généralement des chants rituels, des musiques de danse et des compositions pour des cérémonies spécifiques. Chaque genre a ses propres caractéristiques rythmiques et mélodiques

Fondements et fondamentaux de la Musique nyabwa

Voici quelques aspects fascinants de la musique nyabwa :

 

  • Rythmes et polyrythmies : La musique nyabwa repose sur des structures rythmiques complexes, souvent exécutées avec des tambours à membranes tendues, des hochets, et parfois des cloches métalliques. Ces rythmes accompagnent les danses initiatiques, les cérémonies funéraires ou les fêtes de réjouissance.

  • Chants et voix : Les chants sont porteurs de messages sociaux, historiques ou spirituels. Ils peuvent être improvisés ou transmis oralement, et sont souvent interprétés en chœur, avec des appels et réponses entre un soliste et le groupe.

  • Masques et musique : Certains masques comme Bahié Gla de Gorodi sont accompagnés de musiques spécifiques, jouées uniquement lors de leurs apparitions. Ces performances sont hautement codifiées et réservées à des contextes rituels.

  • Fonction éducative : À travers la musique, les jeunes apprennent les valeurs, les récits fondateurs et les règles de la société nyabwa. C’est une école vivante, transmise par les anciens et les maîtres de cérémonie.

La musique nyabwa joue un rôle fondamental dans la construction et la transmission de l’identité culturelle du peuple Nyabwa. Elle agit comme un véhicule de mémoire collective, un langage social et un marqueur d’appartenance.

Voici quelques façons dont elle influence cette identité :

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  • Ancrage dans les rites et les traditions : Chaque genre musical nyabwa est lié à un moment de la vie communautaire (initiation), funérailles, célébrations agricoles, etc. Ces musiques ritualisées renforcent le sentiment d’appartenance et transmettent les valeurs ancestrales.

  • Transmission intergénérationnelle : Les chants, les rythmes et les danses sont appris dès l’enfance, souvent par imitation. Cette transmission orale permet de préserver les savoirs culturels tout en les adaptant aux contextes contemporains.

  • Langue et expression identitaire : Les paroles des chants sont en langue nyabwa, ce qui contribue à la vitalité linguistique et à la fierté identitaire. Elles véhiculent des proverbes, des récits historiques et des critiques sociales.

  • Cohésion sociale : Lors des performances musicales, la communauté se rassemble. La musique devient un espace de dialogue, de solidarité et de régulation sociale.

  • Résistance culturelle : Face à la mondialisation, la musique nyabwa permet de maintenir une spécificité culturelle. Elle devient un acte de résistance douce, affirmant une identité propre dans un monde en mutation.

Influencede la musique sur l'identité culturelle en pays nyabwa

CLASSIFICATION DES MUSIQUES NYABWA

La classification des musiques nyabwa repose sur une combinaison de critères fonctionnels, contextuels et organologiques, plutôt que sur une simple typologie esthétique. Voici une synthèse structurée issue notamment des travaux d’Aka Konin et du Musée royal de l’Afrique centrale

1. Selon la fonction sociale et rituelle

  • Musiques initiatiques : comme le klaogbeu, réservé aux jeunes garçons en initiation.

  • Musiques masquées : associées à des masques spécifiques (ex. gbôto klagba, mahi gla, yadi gla), jouées lors de cérémonies secrètes ou publiques.

  • Musiques funéraires : accompagnent les veillées et les rites de passage vers l’au-delà.

  • Musiques de réjouissance : pour les fêtes agricoles, mariages, ou événements communautaires.

  • Chants de louange ou de satire : souvent improvisés, ils servent à valoriser ou critiquer des comportements sociaux.​

  • Idiophones : objets qui produisent du son par leur propre vibration (ex. hochets abolouman).

  • Membranophones : tambours à peau tendue, très présents dans les danses rituelles.

  • Cordophones : instruments à cordes, parfois rares dans le répertoire nyabwa.

  • Aérophones : flûtes, trompes, utilisées dans des contextes spécifiques.

  • Chants responsoriaux : alternance entre un soliste et un chœur.

  • Chants narratifs : racontent des récits historiques ou mythologiques.

  • Chants codés : réservés aux initiés, avec un langage symbolique

2. Selon les instruments utilisés (classification Sachs-Hornbostel

3. Selon la structure vocale

4. Selon le degré de sacralité

  • Musique sacrée : réservée aux rituels, souvent interdite d’enregistrement ou de reproduction.

  • Musique profane : plus libre, utilisée dans les contextes festifs ou éducatifs.

REPERTOIR DES MUSIQUES DU TERROIR NYABWA

LES DANSES NYABWA

En pays Nyabwa, la danse occupe une place centrale dans la vie sociale et spirituelle. Elle servait à soulager les tensions du quotidien et accompagnait les grands moments de la vie : funérailles, mariages, baptêmes.

Les danses sont souvent liées aux rites d’initiation, à la chasse ou à la célébration des ancêtres et elles témoignent de la richesse culturelle du peuple Nyabwa. Ces danses sont aussi des vecteurs de transmission orale, de cohésion communautaire et d’identité.

En pays Nyabwa, la chanson et la danse sont intimement liées, formant un langage artistique complet qui exprime les émotions, les récits et les valeurs de la communauté.​

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La danse en pays Nyabwa est bien plus qu’un simple divertissement : elle est un pilier de la vie sociale, spirituelle et identitaire. Chez ce peuple du centre-ouest de la Côte d’Ivoire, chaque mouvement, chaque rythme, chaque chant qui accompagne la danse est porteur de sens.

Voici quelques dimensions clés de son importance :

  • Rituel et spiritualité : La danse accompagne les rites de passage (naissance, initiation, funérailles), les cérémonies de purification ou les cultes aux ancêtres. Elle sert de lien entre le monde visible et l’invisible.

  • Transmission culturelle : À travers les danses comme le Polihet, les jeunes apprennent les valeurs, les récits historiques et les codes sociaux de leur communauté. C’est une forme d’éducation orale et gestuelle.

  • Cohésion sociale : Danser ensemble, c’est renforcer les liens communautaires. Les danses sont souvent collectives, impliquant plusieurs générations, et favorisent l’unité du groupe.

  • Expression identitaire : La danse est un marqueur fort de l’identité Nyabwa. Elle distingue ce peuple au sein de la grande famille Krou et affirme son patrimoine face aux influences extérieures.

  • Résilience et exutoire : Le Polihet, par exemple, était dansé au clair de lune pour “se remonter” après les épreuves du quotidien. Il permettait d’évacuer les tensions et de retrouver une forme d’équilibre intérieur.

Pour comprendre les fondements et fondamentaux de la danse Nyabwa, il faut articuler à la fois les principes universels de la danse et les spécificités culturelles propres au peuple Nyabwa. 

1. Fondements culturels

  • Ancrage rituel : La danse Nyabwa, notamment le Polihet, est enracinée dans les rites de passage, les cérémonies funéraires, les mariages et les cultes aux ancêtres. Elle est un médium de communication avec le monde spirituel.

  • Transmission orale et gestuelle : Elle véhicule les récits historiques, les proverbes, les valeurs morales et les structures sociales à travers le mouvement et le chant.

  • Fonction communautaire : Elle renforce la cohésion sociale, en impliquant toutes les générations dans une dynamique collective.

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2. Fondamentaux techniques

Inspirés des principes généraux de la danse, adaptés au contexte Nyabwa :

  • Le rythme : Central dans le Polihet, il est marqué par les percussions et les chants. Le danseur doit ressentir et incarner le tempo collectif.

  • Le poids et l’ancrage : Les mouvements sont souvent puissants, ancrés dans le sol, exprimant la gravité et la force intérieure.

  • L’espace : La danse utilise l’espace circulaire, symbolisant l’unité et la continuité. Les déplacements sont souvent latéraux ou en spirale.

  • L’intention : Chaque geste a une signification. Il ne s’agit pas de danser pour danser, mais de transmettre une émotion, une histoire ou un message.

  • L’improvisation maîtrisée : Bien que codifiée, la danse laisse place à l’expression personnelle, surtout dans les solos ou les réponses aux percussions.

3. Symbolique corporelle

  • Le torse et les bras sont très sollicités pour exprimer la force, la douleur ou la joie.

  • Les pieds nus renforcent le lien avec la terre, élément sacré dans la cosmologie Nyabwa.

  • Les costumes et peintures corporelles prolongent le geste dans une esthétique signifiante.

CLASSIFICATION DES DANSES NYABWA

La classification des danses en pays Nyabwa peut se faire selon plusieurs critères : la fonction sociale, le contexte rituel, la structure chorégraphique et l’esthétique symbolique :

1. Danses rituelles et spirituelles

  • Danses funéraires : comme le Polihet, exécuté pour accompagner les défunts et apaiser les vivants.

  • Danses d’initiation : réservées aux jeunes entrant dans l’âge adulte, souvent secrètes et codifiées.

  • Danses masquées : mobilisant des entités spirituelles, elles sont exécutées par des initiés dans des contextes sacrés.

2. Danses sociales et festives

  • Danses de réjouissance : célébrant les récoltes, les mariages ou les naissances, elles sont ouvertes à tous et favorisent la cohésion.

  • Danses de solidarité : exécutées lors de travaux collectifs ou d’événements communautaires, elles renforcent l’entraide.

3. Danses narratives et mimétiques

  • Danses de chasse ou de guerre : mimant les gestes du chasseur ou du guerrier, elles exaltent la bravoure et la stratégie.

  • Danses allégoriques : racontant des mythes, des proverbes ou des faits historiques à travers le mouvement.

4. Danses d’expression individuelle

  • Improvisations rituelles : souvent intégrées dans les danses collectives, elles permettent à un danseur de dialoguer avec les percussions.

  • Solos d’exorcisme ou de transe : dans certains contextes, la danse devient un moyen de libération ou de guérison.

Chaque catégorie peut varier selon les villages, les lignages ou les circonstances. Si tu veux, je peux t’aider à croiser cette typologie avec des sources ethnographiques ou des témoignages d’anciens.

REPERTOIR DES DANSES DU TERROIR NYABWA

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