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A LA DECOUVERTE DES MASQUES "GLA"  NYABWA

Les masques "Gla" occupent une place centrale dans la vie spirituelle, sociale et politique en pays Nyabwa. Une place importante leur est accordée dans les cultes et rituels. Ils sont appelés à créer une atmosphère de crainte religieuse propice à la communion avec les entités occultes qui perturbent l’existence de l’homme, mais que l’on parvient à rendre inoffensives, voire coopératives, moyennant des sacrifices appropriés.

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La commercialisation des masques traditionnels en pays Nyabwa soulève plusieurs défis complexes, à la croisée du sacré, de l’économique et du culturel car les masques ne sont pas de simples objets décoratifs: ils incarnent des esprits, des ancêtres ou des forces invisibles. Leur vente peut être perçue comme une profanation, surtout s’ils sont fabriqués ou exposés hors des protocoles rituels. Cela crée un dilemme entre respect des traditions et opportunités économiques.

Le masque Gla chez les Nyabwaet est perçu comme un esprit médiateur entre les humains et la divinité suprême (Guéla (Guéré et Wobé) ou Lago (Nyabwa )). Il n’est pas un simple masque, mais une entité vivante qui intervient dans les affaires humaines.

 

Le Gla conserve les mêmes fonctions que chez les Wê, il est souvent associé à la forêt sacrée, d’où il est « découvert » plutôt que fabriqué. Le masque comédien (Tchèkpê) Nyabwa, parfois assimilé au Gla, symbolise la ruse et la vigilance, et est utilisé dans des contextes d'enquête, de médiation ou de sanction sociale.​

L’USAGE RITUEL DES MASQUES CHEZ LES NYABWA

L’usage rituel des masques chez les Nyabwa est profondément enraciné dans une vision du monde où les esprits, les ancêtres et les forces invisibles participent activement à la vie communautaire â€‹

1. Rituels de justice et de régulation sociale

Les masques comme le Gla (ou Glé) apparaissent pour rétablir l’ordre, punir les transgressions ou arbitrer des conflits. Leur présence impose le silence, la discipline et le respect. Chez les Nyabwa par exemple, les Tchèkpê-Gla jouent le rôle de brigadiers coutumiers, d'agents de renseignement ou d'enquêteurs, certains masques interviennent dans les décisions politiques ou les litiges fonciers.

​​3. Cérémonies de purification et de renouvellement

Dans des contextes de crise, épidémie, conflit, sécheresse etc..., les masques sont invoqués pour purifier le village ou conjurer les forces néfastes. Ils sont souvent accompagnés de sacrifices symboliques, de libations et de chants incantatoires. Ils chassent les mauvais esprits, bénissent les récoltes et rétablissent l’harmonie cosmique. 

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2. Funérailles et levées de deuil

Les masques sont essentiels lors des rites funéraires, notamment pour les notables. Ainsi lors des funérailles, certains masques apparaissent pour accompagner l’âme du défunt vers l’au-delà. Ils dansent, chantent et exécutent des gestes codifiés pour apaiser les esprits et assurer la continuité entre les générations. Ces masques peuvent aussi rappeler les hauts faits du défunt et renforcer la mémoire collective.​​​

 4. Initiations et transmission du savoir

Certains masques apparaissent lors des rites d’initiation, marquant le passage à l’âge adulte. Ils enseignent les valeurs morales, les secrets de la tradition et les responsabilités sociales. 

5. Fêtes communautaires et alliances inter-villageoises

Lors de grandes fêtes, les masques dansent pour célébrer l’unité, renforcer les alliances et transmettre la mémoire collective. Ces apparitions sont festives mais toujours empreintes de sacralité.

Chaque sortie de masque est précédée de préparatifs rituels : purification du porteur, invocation des ancêtres, et parfois isolement dans la forêt sacrée. On dit souvent que le masque « ne sort pas, il descend », soulignant qu’il est l’incarnation d’un esprit, non un simple objet.​

CLASSIFICATION DES MASQUE NYABWA SELON LA NATUE

La classification des masques Gla en pays Nyabwa repose sur des critères fonctionnels, symboliques et esthétiques.​

Selon la fonction spirituelle ou sociale

  • Gla Kragba (le Gla de la sagesse). Il apparaît rarement (parfois tous les cinq ans) et rappelle à la communauté l’importance de l’ordre hiérarchique et du respect des anciens.

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  • Blégla : le Gla griot. Il chante, annonce les événements et accompagne les autres masques avec un orchestre traditionnel.

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  • Glaé soldats : des masques guerriers, jouant un rôle de police coutumière ou de défense spirituelle.

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  • Gla de justice : utilisé pour trancher les conflits, dévoiler les sorciers ou restaurer l’ordre.

Selon le degré d’initiation ou la génération

Certains masques ne peuvent être vus ou portés que par des initiés. Le masque facial peut même être conservé dans la case familiale comme kôhu (fétiche), tandis que le porteur ne revêt que le costume rituel lors des apparitions publiques.

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Ces classifications ne sont pas figées : elles varient selon les lignées, les villages et les contextes rituels.

Selon le genre 

On peut tout à fait envisager une classification des masques en pays Nyabwa selon le genre malgré que dans cette société les rôles masculins et féminins ne sont pas fortement ritualisés comme c’est le cas en pays Guéré. Néanmoins, certains masques sont réservés aux femmes.

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Ces masques ont pour fonctions la fertilité, la beauté, maternité, médiation avec les ancêtres. Leur apparence est marquée par traits plus doux, parfois ornés de scarifications symboliques ou de kaolin blanc. Ces masques sont plus rares, mais présents dans certaines danses ou cérémonies liées à la fécondité, rejouissance ou à la guérison.

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Il est bon de savoir, qu'en pays nyabwa la société des masques est le fait des hommes.​

REPERTOIRE DES MASQUES 

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