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CRISE DE 2002 DANS LE DEPARTEMENT DE ZOUKOUGBEU

La crise de 2002 a profondément bouleversé le foncier à Zoukougbeu. Profitant du vide étatique, des populations allogènes et étrangères ont envahi la forêt classée du Haut-Sassandra, transformant ce sanctuaire de biodiversité en plantations anarchiques de café, cacao, hévéa et anacarde.

Cette exploitation illégale a dégradé l’écosystème, provoqué des conflits et fragilisé le tissu social. Vingt-quatre ans plus tard, malgré la stabilisation institutionnelle née de l’Accord de Ouagadougou, la question du déguerpissement et de la réhabilitation écologique demeure une plaie ouverte pour la région.

 

CRISE DE 2011 DANS LE DEPARTEMENT DE ZOUKOUGBEU

La crise postélectorale de 2010-2011 a plongé le département de Zoukougbeu dans un chaos humanitaire et sécuritaire sans précédent, exacerbant de profondes tensions communautaires. Ce violent conflit a provoqué de lourdes pertes humaines, entraîné l'exode de milliers de familles et démantelé le tissu socio-économique local par le pillage des infrastructures et la destruction des habitations.

Quinze ans après ces événements tragiques qui ont fait plus de 3 000 victimes au niveau national, la région panse encore ses blessures. Bien que la stabilité institutionnelle soit désormais rétablie, le département fait face au défi crucial de sa reconstruction physique, mais surtout de sa guérison psychologique à travers la réconciliation locale et la consolidation d'une cohésion sociale durable.

CAMPAGNE DE SENSIBILISATION PENDANT ET APRES LA CRISE DE 2011 

Au paroxysme de la crise politico-militaire ivoirienne d’avril 2011, marquée par l'effondrement sécuritaire national et d'intenses affrontements armés, le département de Zoukougbeu a payé un lourd tribut humanitaire. En plein cœur du pays Nyabwa, ce jeune territoire du Haut-Sassandra a été profondément meurtri par une violente vague d’exactions, de spoliations foncières et de destructions massives de biens, entraînant la perte tragique de plus de dix-sept (17) vies humaines et une fracture sociale majeure au sein des communautés locales.

Face à ce profond traumatisme humanitaire et sécuritaire, l’ONG FOBMIR (Forum de Bienfaisance en Milieu Rural), en étroite synergie avec les cadres, leaders d'opinion et ressortissants du département, a déployé une mission d'urgence et de solidarité du 13 au 17 juillet 2011. Menée à travers les huit ex-chefs-lieux de communes du département, cette vaste tournée de pacification en pays Nyabwa a permis de délivrer un message de pardon et de réconciliation aux populations éprouvées, tout en engageant l'identification administrative et formelle des victimes de guerre en vue de leur prise en charge.

Afin de pérenniser cette dynamique de cohésion sociale et de sensibiliser la mémoire collective, l'intégralité de cet engagement pour la paix a été consignée dans un film documentaire de sensibilisation diffusé sur support numérique.

RECENSEMENT DES VICTIMES DE LA CRISE POSTÉLECTORALE 2011 A DE ZOUKOUGBEU

Au lendemain de la crise d'avril 2011, l'action de l'ONG FOBMIR en pays Nyabwa a été capitale pour inclure Zoukougbeu dans la justice transitionnelle. Grâce à un recensement rigoureux par fiches d'identification, l'ONG a sorti les victimes de l'isolement en reliant le département au processus de la CONARIV (158 238 victimes nationales) et aux réparations du PNCS. Ce travail de terrain visait à garantir l'accès aux allocations étatiques, notamment l'indemnisation d'un million (1 000 000) de FCFA due aux ayants droit.

Pourtant, malgré cette identification formelle, les victimes de Zoukougbeu demeurent à ce jour exclues des vagues d'indemnisation effectives. Face à cette situation délétère qui fragilise la cohésion sociale dans le Haut-Sassandra, les leaders communautaires continuent d'interpeller urgemment les autorités compétentes afin que la détresse de Zoukougbeu soit enfin prise en compte pour une paix durable.

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